Installer une pompe à chaleur air/air en complément d’une chaudière gaz à condensation pour améliorer son confort d’été et faire des économies de chauffage en mi-saisons

Etude de cas théoriques à Nice et à Paris réalisée par ENGIE Laborelec en 2024.

Les résultats proviennent de simulations réalisées avec un outil de modélisation thermodynamique de systèmes de chauffages résidentiels.

Objectif de l’étude : Associer une PAC air/air à une chaudière gaz

Dans cette étude, nous mettons en avant de manière théorique les gains économiques et environnementaux pouvant être réalisés en installant une pompe à chaleur air/air (aussi appelée climatisation réversible), ci-après « PAC A/A ») en complément d’une chaudière gaz à condensation.

Cette PAC A/A permet d’assurer le chauffage, à la place de la chaudière, pendant une partie de l’année, essentiellement aux mi-saisons que sont le printemps et l’automne.

Les hypothèses retenues pour les simulations

  • Nous considérons le pavillon suivant 
    Pavillon français
    Surface 110m²
    Etages RDC + 1 étage
    Année de construction Avant 1990, faibles travaux de rénovation
    Nombre d'occupants 4 personnes
    Demande annuelle de chauffage (Paris/Nice) 12.6 / 7.1 MWhheat

La température de consigne est de 17°C la nuit et 20°C le jour.

  • Nous considérons deux lieux différents : Nice et Paris
  • Pour les contenus CO2 des énergies gaz et électricité, nous considérons :
    Gaz 200 gCO2/kWh
    Electricité4 53 gCO2/kWh

Le dimensionnement des équipements à Paris et à Nice

Pour Paris, nous choisissons une PAC A/A de puissance 6,4 kW.

Il convient de noter, que cette PAC A/A est dimensionnée pour répondre aux besoins en climatisation du pavillon choisi dans la zone choisie, même si dans cette étude nous ne comparons que le chauffage. En effet, la PAC A/A est capable de produire du chauffage et de la climatisation.

 

A Nice, les besoins en climatisation sont plus élevés, la PAC A/A est donc plus puissante : 7,4 kW.

Elle est par conséquent un peu plus chère (4 454 € à Nice vs 3 871 € pour le modèle installé à Paris), ce qui impacte le temps de retour sur investissement.

Comment fonctionne le binôme PAC air/air et chaudière gaz ?

Pour le chauffage, c’est donc soit la PAC A/A, soit la chaudière qui peut l’assurer :

  • Lorsque la température extérieure se situe au-dessus du point de bivalence, c’est la PAC A/A qui assure le chauffage, ses performances sont alors optimales.
  • Lorsque la température extérieure se situe en dessous du point de bivalence, c’est la chaudière qui assure le chauffage car les performances de la PAC A/A ne sont alors pas optimales.

 

Ce principe de point de bivalence (température à laquelle la bascule doit se faire d'un équipement à l'autre pour que les gains soient optimums et le confort préservé) est illustré sur le schéma ci-dessous :

 

 

Qu’est que la température de bivalence ?


La température de bivalence est la température extérieure à partir de laquelle une pompe à chaleur n’arrive plus, à elle seule, à couvrir tous les besoins de chauffage d’un logement.

En dessous de ce seuil, un chauffage d’appoint (chaudière, résistance électrique…) doit prendre le relais ou compléter la pompe à chaleur pour garantir le confort.

 

A Paris, la température de bivalence est de 1,7°C et à Nice, elle est de 0,7°C.

Pourquoi cette température est-elle différente en fonction des villes ?

A Nice, la température de bivalence est plus basse car la PAC A/A est plus puissante. Elle permet donc d’assurer le chauffage dans des conditions optimales lorsqu’il fait un peu plus froid, à la différence de Paris.

Situation de départ : le chauffage assuré uniquement par la chaudière gaz

Nous partons donc de la situation suivante avec une chaudière à condensation :

Puissance thermique de la chaudière*
Paris 11.9 kW
Nice 10.6 kW

*Chaudière à condensation

 

La chaudière gaz est plus puissante à Paris car les besoins de chauffage sont plus importants.

Après l'installation de la PAC : une répartition intelligente du chauffage

Nos familles à Nice et à Paris conservent leur chaudière gaz à condensation et ajoutent une PAC A/A, capable d’assurer le chauffage lorsque la température extérieure est supérieure à la température de bivalence :

 

Puissance thermique Chaudière à gaz PAC air-air*
Paris 11.9 kW 6.4 kW
Nice 10.6 kW 7.4 kW

Les prix du gaz et de l’électricité varient fréquemment.

Un indicateur clé pour mesurer les économies : le « spark spread »

Afin d’évaluer les économies possibles en chauffant avec une PAC A/A au lieu d’une chaudière gaz à condensation, sous certaines conditions (Température extérieure plus élevée que la température de bivalence), il est nécessaire d’évaluer le rapport entre les prix de ces 2 énergies.

C’est ce que nous appelons le spark spread dans le tableau ci-dessous.

Spark spread = prix de l’électricité / prix du gaz.

 

Si le spark spread est de 2, cela signifie que l’électricité coûte deux fois plus cher que le gaz :

Spark spread² Prix gaz TTC3 Prix électricité TTC3
2 8c€/kWh 16c€/kWh
2.5 8c€/kWh 20c€/kWh
3 8c€/kWh 24c€/kWh
3.5 8c€/kWh 28c€/kWh
4 8c€/kWh 32c€/kWh

2Spark spread = prix de l'éléctricité / prix du gaz =~ 2 en septembre 2025

3Septembre 2025 = le prix du gaz TTC se situe autour 10c€/kWh en France

Résultats de l'étude à Paris

Ainsi, à Paris, avant l’installation de la PAC A/A, le chauffage était uniquement assuré par la chaudière gaz :

Facture annuelle de chauffage 1174 €/an
Coûts de chauffage sur 15 ans 17604 €
Emissions de CO2 annuelles liées au chauffage 2.83 tCO2/an

 

Après l’installation de la PAC A/A, qui couvre 71 % des besoins de chauffage, nous avons :

  Spark spread : 2 / 2.5 / 3 / 3.5 / 4
Facture annuelle de chauffage 671 / 759 / 847 / 935 / 1023 €/an
Coûts de chauffage sur 15 ans 13936 / 15256 / 16577 / 17898 / 19219
Emissions de CO2 annuelles liées au chauffage 0.91 tCO2/an
Temps de retour sur investissement de la PAC 8 / 9 / 12 / 16 / 26 ans

 

Ainsi, à Paris, toujours sur la base des critères de notre étude, et si on considère que l’électricité coûte 2 fois plus cher que le gaz, l’installation d’une PAC A/A en complément de la chaudière gaz à condensation peut permettre de réduire la facture de chauffage de 43 %, soit environ 500 € d’économies par an.

 

Le temps de retour sur investissement est de 8 ans et les émissions de CO2 peuvent quant à elles être réduites de 68 % :

Pour un spark spread = 2 Paris
Réduction de la facture annuelle de chauffage 43%, 500€

Réduction des coût de chauffage sur 15 ans (prix de la PAC + commodité sur 15 ans)

20%
Temps de retour sur investissement 8 ans
Réduction des émissions annuelles de CO2 68%, 1.92 tCO2

On rappelle que la PAC A/A assure le chauffage à la place de la chaudière gaz à condensation lorsque la température extérieure est supérieure à 1,7°C.

 

Il est cependant à noter que si l’électricité devient, par exemple 3,5 fois plus chère que le gaz, alors l’installation d’une PAC A/A en complément de la chaudière gaz à condensation générera moins d’économies et le temps de retour sur investissement sera de 16 ans.

La PAC A/A permettra cependant d’améliorer le confort d’été.

Résultats de l'étude à Nice

A Nice, avant l’installation de la PAC A/A, le chauffage était uniquement assuré par la chaudière gaz :

Facture annuelle de chauffage 671 €/an
Coûts de chauffage sur 15 ans 10079 €
Emissions de CO2 annuelles liées au chauffage 1.59 tCO2/an

 

Après l’installation de la PAC A/A, qui couvre 98 % des besoins de chauffage, nous avons :

  Spark spread : 2 / 2.5 / 3 / 3.5 / 4
Facture annuelle de chauffage 282 / 350 / 417 / 485 / 552 €/an
Coûts de chauffage sur 15 ans 13936 / 15256 / 16577 / 17898 / 19219
Emissions de CO2 annuelles liées au chauffage 0.12 tCO2/an
Temps de retour sur investissement de la PAC 11 / 14 / 17 / 24 / 37 ans

 

Ainsi, à Nice, si on considère que l’électricité coûte 2 fois plus cher que le gaz, l’installation d’une PAC A/A en complément de la chaudière gaz à condensation peut permettre de réduire la facture de chauffage de 58 %, soit environ 390 € d’économies par an.

Le temps de retour sur investissement sera de 11 ans et les émissions de CO2 peuvent quant à elles être réduites de 92 %.

Il est cependant à noter que si l’électricité devient, par exemple, 3 fois plus chère que le gaz, alors l’installation d’une PAC A/A en complément de la chaudière gaz à condensation générera moins d’économies et le temps de retour sur investissement sera de 17 ans.

La PAC A/A permettra cependant d’améliorer le confort d’été.

 

Pour un spark spread = 2 Nice
Réduction de la facture annuelle de chauffage 58%, 390€

Réduction des coût de chauffage sur 15 ans (prix de la PAC + commodité sur 15 ans)

13%
Temps de retour sur investissement 11 ans
Réduction des émissions annuelles de CO2 92%, 1.47 tCO2

 

Ce qu'il faut retenir

A Nice, les températures extérieures sont plus élevées, le taux de couverture de la PAC A/A sera donc supérieur à Nice (98% à Nice vs 71% à Paris).

Mais dans la mesure où on chauffe moins à Nice qu’à Paris et que la PAC A/A coûte plus chère à Nice, les gains en € seront supérieurs à Paris et le temps de retour sur investissement plus court.

En outre, le confort d’été est amélioré grâce à la climatisation réversible.

A Nice, les températures extérieures sont plus élevées, le taux de couverture de la PAC A/A sera donc supérieur à Nice (98% à Nice vs 71% à Paris).

Mais dans la mesure où on chauffe moins à Nice qu’à Paris et que la PAC A/A coûte plus chère à Nice, les gains en € seront supérieurs à Paris et le temps de retour sur investissement plus court.

En outre, le confort d’été est amélioré grâce à la climatisation réversible.

 

Retrouvez l'étude complète ici.

Avatar de l'auteur

Frédéric B.

Concepteur et animateur de formation digitale chez Savelys

Fort de 20 ans chez Savelys, Frédéric B. conçoit et anime des formations digitales à l’École de formation interne, certifiée Qualiopi. Il joue un rôle clé dans l’accompagnement des techniciens et équipes terrain.